Marcel Vertès

Né en 1895 en Hongrie à Ujpest et exilé à Paris au début des années 20, Marcel Vertès s’est illustré dans plusieurs domaines de l’illustration, avec la femme au centre de son oeuvre. Qu’elle apparaisse dans les  pages glacées du magazine Vogue ou Harper’s Bazaar, dans des recueils de Curiosa ou dans les publicités de la marque de parfum d’Elsa  Schiaparelli. Son travail de graveur n’est pas sans évoquer celui de Chas Laborde ou Dignimont, avec qui il partage le goût des ambiances interlopes et une collaboration active avec les principaux écrivains de leur époque parmi eux : Colette, Paul Morand ou encore Pierre Louys ou Mac Orlan pour des ouvrages plus licencieux comme Les aventures du Roi Pausole (adaptées au cinéma par Alexis Granowsky) et Les jeux du demi jour (ouvrage tiré à 600 exemplaires contenant 12 lithographies en 1926).

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Certains de ses recueils érotiques souvent anonymes seront vendus sous le manteau aux amateurs de Curiosa. Parmi ses oeuvres les plus remarquables en gravure Le pays de mon goût édité chez l’artiste en 1921 ou Entrée interdite au public un de ses chefs d’oeuvres publié en 1920 (tiré à 250 exemplaires).

C’est le portfolio « Dancing » publié en 1922, recueil de 12 lithographies avec une préface de Paul Reboux, qui lui assure une large reconnaissance. D’autres ouvrages plus tardifs imprimés en lithographie seront souvent préfacés par son ami Mac Orlan (comme « Complexes » 40 dessins de Vertès, sur le thème de la psychanalyse parus en 1948).

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Ses premiers dessins sont dans la tradition graphique d’un Toulouse Lautrec, il observe et croque les gens du cirque, arpente les bals, et les bordels.

La grâce de ses compositions lui ont ouvert les portes du magazine Vogue dans les années 1935-1946 aux cotés de Drian, René Willaumez, Eric, et Bénito.

Il participe ainsi au renouvellement de l’illustration de mode après une décennie marquée par l’Art Déco et épingle les travers et les vanités du beau monde, comme le fera plus tard son cadet Philippe Jullian.

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Pour évoquer ses débuts un numéro de Vogue daté de 1936, nous éclaire sur sa vocation d’artiste. « Je suis né il n’y a pas si longtemps en Hongrie. J’étais destiné à la carrière d’avocat, mais j’ai senti que ma vocation était de dessiner des avions. Un jour ma jolie petite soeur vint me voir. Mon bleu empestait l’huile, mes mains abimées étaient pleine de graisse. Elle fondit en larmes et avoua qu’elle avait rêvé d’un autre sort pour son frère.

« Sois un artiste », supplia-t-elle, se souvenant des descriptions d’ateliers dans ses romans favoris, avec des divans recouverts de fourrures et des mandolines accrochés au mur. Comme argument décisif, elle ajouta en baissant les yeux que les artistes peignent des femmes nues. Je fus tenté et avec l’aide de ma soeur ainée Dola (je dois tout aux femmes), je partis pour Paris où j’essayais de réaliser les rêves que ma soeur avait fait pour moi ».

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Beauté et humour sont réunis dans sa série de livres illustrés sur son sujet favori, la Femme, ainsi que dans les décors qu’il fit pour les revues à Paris, des bals de bienfaisance à New York, et maintenant au Transalantic Rythm à Londres.

L’apogée de sa carrière se situe sans doute en 1952 où son oeuvre de costumier et décorateur fut récompensé avec le film « Moulin Rouge » de John Huston, pour lequel il recevra 2 Oscars.

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Il sera même membre du jury du festival de Cannes  quelques mois avant  sa disparition le 31 octobre 1961.

Ses héritiers d’aujourd’hui comme fins observateurs de la vie mondaine sont à chercher du coté d’ Hyppolite Romain ou de Jean Philippe Delhomme .

Certaines gravures et originaux sont en vente sur le site de la Galerie Michel Lagarde.

Cet artiste sera mis en avant dans un ouvrage exceptionnel consacré artistes de l’Araignée et aux «aventuriers du livre».

Ce livre signé par Emmanuel Pollaud Dulian sous la direction artistique de Géraldine Méo paraîtra en octobre 2013.

Une souscription pour un tirage de tête sera proposée aux fidèles de « Ma galerie à Paris » Le blog des Editions et de la galerie Michel Lagarde

Plus d’information sur ce projet en cours de finalisation ici http://www.illustrissimo.com/blog/entretien-avec-emmanuel-pollaud-dulian/

Une Réponse to “Marcel Vertès”

  1. Caspar Says:

    Very similar to some of David Hockney’s work. I bet Hockney must know this guy’s stuff.

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