Archives de la catégorie ‘Salon de l’Araignée’

Jean-Emile Laboureur

8 avril 2013

Jean-Emile Laboureur est principalement connu comme graveur et peintre français.

Né à Nantes  en 1877 et décédé à Pénestin dans le Morbihan en 1943, il a trouvé son expression la plus originale, dans l’emploi du burin.

Il a illustré Larbaud, Colette, Maurois, P. J. Toulet et surtout Jean Giraudoux.

img250

Couverture

Nous présentons ici ses Petites Images de la guerre sur le front britannique paru en 1916, Neuf gravures au burin à l’inspiration cubiste (précédées d’une lettre sur les spectacles de la guerre de Roger Allard).

Il réalisera pendant l’entre-deux-guerres pas loin de 70 ouvrages et de nombreuses expositions.

Laboureur choisit de montrer une vision cubiste stylisée de la guerre (comme le fera Charles Martin avec son remarquable ouvrage Sous les pots de fleur que nous pouvons aisément interpréter comme "Sous les flots de peur").

Il s’installe à Paris dés 1912 et se rapproche du cubisme à la même époque, Mobilisé en 1914 il composera trois suites de gravures sur ce thème, dans cette série d’images nous sommes bien loin de la réalité du front, comme le montreront à la même époque Gus Bofa et d’autres artistes du salon de l’Araignée (1920-1930).

img239

Les tambours et les fifres

img240

Les soldats et la servante

img241

L’espion

img242

Le retour aux tranchées

img243

Le marchand de journaux anglais

img244

Une marmitte

img245

Les soldats à l’estaminet

img246

Les tranchées dans le village

img247

Le campement avant la bataille

Nous joignons à cet ouvrage rarissime de ses débuts  une gravure inédite "Les plaisirs du camp" tirée du livre de Bertie Angle, Aspects sentimentaux du front anglais publié par Dorbon-Ainé et dont vous proposons ici les première et quatrième de couverture.

1erecouverturewd

Première de couverture

img248

Les plaisirs du camp

4emecouverturewd

Quatrième de couverture

Ce recueil sera mis en avant dans un ouvrage exceptionnel consacré artistes de l’Araignée et aux "aventuriers du livre".

Ce livre signé par Emmanuel Pollaud Dulian sous la direction artistique de Géraldine Méo paraîtra en octobre 2013 aux éditions Michel Lagarde.

Une souscription pour un tirage de tête sera proposée aux fidèles de "Ma galerie à Paris" Le blog des Editions et de la galerie Michel Lagarde

Plus d’information sur ce projet en cours de finalisation ici http://www.illustrissimo.com/blog/entretien-avec-emmanuel-pollaud-dulian/

Pour les amateurs désireux de découvrir son oeuvre, Il existe un catalogue complet de Laboureur en quatre volumes et une partie de son fonds a été récemment dispersé sous le feu des enchères . Signalons également un très bel ouvrage édité par les excellentes éditions MeMo lors d’une exposition rétrospective à Nantes en 1996

Nous ajoutons à cet article un supplément gracieusement fourni par un lecteur attentif (merci à lui).

Paulhan-Laboureur

Le Guerrier appliqué, Mars 1930, Gallimard, Paris.

Pour son édition datée de Mars 1930 de Le Guerrier appliqué par Jean Paulhan, Gallimard reprend pour la couverture l’illustration "Les tranchées dans le village" présentée plus haut.

Marcel Vertès

18 mars 2013

Né en 1895 en Hongrie à Ujpest et exilé à Paris au début des années 20, Marcel Vertès s’est illustré dans plusieurs domaines de l’illustration, avec la femme au centre de son oeuvre. Qu’elle apparaisse dans les  pages glacées du magazine Vogue ou Harper’s Bazaar, dans des recueils de Curiosa ou dans les publicités de la marque de parfum d’Elsa  Schiaparelli. Son travail de graveur n’est pas sans évoquer celui de Chas Laborde ou Dignimont, avec qui il partage le goût des ambiances interlopes et une collaboration active avec les principaux écrivains de leur époque parmi eux : Colette, Paul Morand ou encore Pierre Louys ou Mac Orlan pour des ouvrages plus licencieux comme Les aventures du Roi Pausole (adaptées au cinéma par Alexis Granowsky) et Les jeux du demi jour (ouvrage tiré à 600 exemplaires contenant 12 lithographies en 1926).

1-

Certains de ses recueils érotiques souvent anonymes seront vendus sous le manteau aux amateurs de Curiosa. Parmi ses oeuvres les plus remarquables en gravure Le pays de mon goût édité chez l’artiste en 1921 ou Entrée interdite au public un de ses chefs d’oeuvres publié en 1920 (tiré à 250 exemplaires).

C’est le portfolio "Dancing" publié en 1922, recueil de 12 lithographies avec une préface de Paul Reboux, qui lui assure une large reconnaissance. D’autres ouvrages plus tardifs imprimés en lithographie seront souvent préfacés par son ami Mac Orlan (comme "Complexes" 40 dessins de Vertès, sur le thème de la psychanalyse parus en 1948).

2

Ses premiers dessins sont dans la tradition graphique d’un Toulouse Lautrec, il observe et croque les gens du cirque, arpente les bals, et les bordels.

La grâce de ses compositions lui ont ouvert les portes du magazine Vogue dans les années 1935-1946 aux cotés de Drian, René Willaumez, Eric, et Bénito.

Il participe ainsi au renouvellement de l’illustration de mode après une décennie marquée par l’Art Déco et épingle les travers et les vanités du beau monde, comme le fera plus tard son cadet Philippe Jullian.

3

Pour évoquer ses débuts un numéro de Vogue daté de 1936, nous éclaire sur sa vocation d’artiste. "Je suis né il n’y a pas si longtemps en Hongrie. J’étais destiné à la carrière d’avocat, mais j’ai senti que ma vocation était de dessiner des avions. Un jour ma jolie petite soeur vint me voir. Mon bleu empestait l’huile, mes mains abimées étaient pleine de graisse. Elle fondit en larmes et avoua qu’elle avait rêvé d’un autre sort pour son frère.

"Sois un artiste", supplia-t-elle, se souvenant des descriptions d’ateliers dans ses romans favoris, avec des divans recouverts de fourrures et des mandolines accrochés au mur. Comme argument décisif, elle ajouta en baissant les yeux que les artistes peignent des femmes nues. Je fus tenté et avec l’aide de ma soeur ainée Dola (je dois tout aux femmes), je partis pour Paris où j’essayais de réaliser les rêves que ma soeur avait fait pour moi".

4

Beauté et humour sont réunis dans sa série de livres illustrés sur son sujet favori, la Femme, ainsi que dans les décors qu’il fit pour les revues à Paris, des bals de bienfaisance à New York, et maintenant au Transalantic Rythm à Londres.

L’apogée de sa carrière se situe sans doute en 1952 où son oeuvre de costumier et décorateur fut récompensé avec le film "Moulin Rouge" de John Huston, pour lequel il recevra 2 Oscars.

5

Il sera même membre du jury du festival de Cannes  quelques mois avant  sa disparition le 31 octobre 1961.

Ses héritiers d’aujourd’hui comme fins observateurs de la vie mondaine sont à chercher du coté d’ Hyppolite Romain ou de Jean Philippe Delhomme .

Certaines gravures et originaux sont en vente sur le site de la Galerie Michel Lagarde.

Cet artiste sera mis en avant dans un ouvrage exceptionnel consacré artistes de l’Araignée et aux «aventuriers du livre».

Ce livre signé par Emmanuel Pollaud Dulian sous la direction artistique de Géraldine Méo paraîtra en octobre 2013.

Une souscription pour un tirage de tête sera proposée aux fidèles de « Ma galerie à Paris » Le blog des Editions et de la galerie Michel Lagarde

Plus d’information sur ce projet en cours de finalisation ici http://www.illustrissimo.com/blog/entretien-avec-emmanuel-pollaud-dulian/

Lucien Laforge, "Les Guetteuses de Nuit"

14 décembre 2012
La revue illustrée La charrette charrie a eu une courte existence de 1922 à 1923. La collection s’est ouverte avec un numéro sur le cirque illustré par Gus Bofa et s’est refermée avec le numéro 24. Ne cherchez pas le numéro 23, il n’existe pas. Parmi les collaborateurs de cette belle revue de format. On se souvient de Colette, Pierre Mac Orlan, Roland Dorgelès, Galtier-Boissière

 

img051

Mardi 15 août 1922

Chaque numéro illustrée par un seul illustrateur Lucien Laforge s’intéressa particulièrement aux filles de la rue, "Les guetteuses de la nuit" paru le 15 aout 1922 comporte une douzaine d’images et accompagnent le texte de Séverine et Charles Henri Hirsch.

 

img055

- Travailler ? Non mais des fois!…

Filles de joie

J’en ai beaucoup connu, de ces malheureuses, depuis la courtisane de grand luxe dont quelque tragédie venait de désemparer l’existence, jusqu’à la rôdeuse de trottoir échouée à l’hôpital, j’en ai beaucoup connu, ayant fréquenté la douleur. J’ai reçu des confidences désespérées, j’ai entendu des cris déchirants. Sur mes genoux se sont appuyés, dans la prostration de tout l’être, des fronts de presque reines et des Marie-mange-ton-prêt. Il fut un temps où mon petit salon du boulevard Montmartre était comme le confessionnal de toutes celles de ces réprouvées qui n’espéraient de personne d’autre la parole fraternelle.

img058

- Rien que de le regarder, ce chéri-là, il me semble déjà qu’il me fout une raclée…

img067

- Tu peux t’envoyer un Picon.  Nénesse est fait…

img068

- Un signe… Il va pouvoir changer de chaussette…

img062

- les hommes, ils ont donc tout perdu à la guerre?

img066

- Avec un flic?… Merci… J’suis pas à passions…

img057

- Non, mais sans blague, la Maqua, tu te prends pas pour Poincaré?

img056

- Si t’étais bath, tu me laisserais me payer un rosier pour ma fête…

img069

- Me remettre avec Gegène?… J’aimerais mieux me marier avec un curé!

img070

- Sacrées gamines, ça gâche sa vertu ! Ca ne connaît pas le prix des choses!…

img061

- Garce de vieillesse!… Me v’là forcée de travailler à c’t'heure!

Selon la notice du libraire Julien Mannoni
on apprend l’existence de quelques exemplaires imprimés sur grand papier.
Les exemplaires du tirage ordinaire sont imprimés recto-verso sur un mauvais papier
se cassant facilement.
Les exemplaires de luxe, vendus à parution dix fois plus cher que les exemplaires ordinaires, n’ont pas ce problème.
Nous avons retrouvé celui illustré par Laforge que nous avons le plaisir de vous présenter ici.

Cet artiste sera mis en avant dans un ouvrage exceptionnel consacré artistes de l’Araignée et aux «aventuriers du livre».

Ce livre signé par Emmanuel Pollaud Dulian sous la direction artistique de Géraldine Méo paraîtra en octobre 2013.

Une souscription pour un tirage de tête sera proposée aux fidèles de « Ma galerie à Paris » Le blog des Editions et de la galerie Michel Lagarde

Plus d’information sur ce projet en cours de finalisation ici http://www.illustrissimo.com/blog/entretien-avec-emmanuel-pollaud-dulian/

"L’inflation sentimentale" par Chas Laborde

11 juillet 2011

Chas Laborde (dont le site qui lui est consacré vous apportera de belles émotions), fut l’un des illustrateurs français (1886-1941) qui compte parmi les plus passionnants de la période de l’entre deux-guerres. Tour à tour reporter, illustrateur de presse et graveur exceptionnel pour de nombreux ouvrages destinés aux bibliophiles, il fût au même titre que son ami Gus Bofa l’un des meilleurs illustrateurs de l’oeuvre de Pierre Mac Orlan. Nous aimons nous repencher régulièrement sur son travail. Dix ans après la dispersion de son atelier en Normandie (60 ans après sa disparition), la série d’aquarelles pour  "L’inflation sentimentale" (1922) a été exposée une première fois dans son ensemble à la galerie Bellier en mai 2006 (disparue depuis) puis dispersées totalement au cours de différentes ventes aux enchères. Témoin privilégié de la légèreté festive des Années folles, Laborde exécuta entre 1919 et 1921 vingt-deux dessins aquarellés qui ont pour thème Montmartre, ses maisons closes et ses music-halls. Son réalisme mordant partage les univers de Georges Grosz et d’Otto Dix, dans lesquels se côtoient filles de joie et bourgeois en goguette. Nous avons le plaisir de vous présenter quinze gravures sur notre galerie en ligne, les amateurs intéressés par la série, ou par une planche à l’unité peuvent se signaler. D’autres gravures issues des portfolios "Rues et visages" sont également disponible sur demande. Quant au livre d’Emmanuel Pollaud-Dulian, toujours disponible, qui lui est consacré, plus d’infos sur le site des Editions Michel Lagarde.

Ce recueil sera mis en avant dans un ouvrage exceptionnel consacré artistes de l’Araignée et aux «aventuriers du livre».

Ce livre signé par Emmanuel Pollaud Dulian sous la direction artistique de Géraldine Méo paraîtra en octobre 2013.

Une souscription pour un tirage de tête sera proposée aux fidèles de « Ma galerie à Paris » Le blog des Editions et de la galerie Michel Lagarde

Plus d’information sur ce projet en cours de finalisation ici http://www.illustrissimo.com/blog/entretien-avec-emmanuel-pollaud-dulian/

"L’oiseau rare" illustré par Gus Bofa

25 mai 2011

Nous continuons notre exploration des quelques livres rarissimes de Gus Bofa. "L’oiseau rare" fait partie de ces livres édités dans les années 50 (après l’âge d’or de la bibliophilie du livre illustré, que nous situerons dans l’entre-deux-guerres). La mode à cette époque consistait à utiliser des papiers très épais, et des gros cartonnages qui faisaient de chaque ouvrage, un serre livre en puissance. Malgré le peu d’attrait qu’offre aujourd’hui ce type de fabrication, nous ne pouvons qu’admirer le talent de graveur de Gus Bofa qui signe en 1952  un de ses derniers livres importants. Ces gravure réalisées sur les presses de l’imprimerie Lacourière (situé dans le 18 e arrondissement et depuis peu disparu) égalent  en qualité, celles de ses chefs d’œuvres des années 30 dont nous parlions précédemment. Sans autres commentaires superflus, je vous laisse apprécier ses compositions qui illustrent deux nouvelles de Jacques Perret "L’oiseau rare" et " Le tourangeau de Winnipeg"  (D’autres planches sont visibles sur la partie bibliographique de www.gusbofa.com).

 

 


Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 172 followers