Mardi 15 août 1922
- Travailler ? Non mais des fois!…
Filles de joie
J’en ai beaucoup connu, de ces malheureuses, depuis la courtisane de grand luxe dont quelque tragédie venait de désemparer l’existence, jusqu’à la rôdeuse de trottoir échouée à l’hôpital, j’en ai beaucoup connu, ayant fréquenté la douleur. J’ai reçu des confidences désespérées, j’ai entendu des cris déchirants. Sur mes genoux se sont appuyés, dans la prostration de tout l’être, des fronts de presque reines et des Marie-mange-ton-prêt. Il fut un temps où mon petit salon du boulevard Montmartre était comme le confessionnal de toutes celles de ces réprouvées qui n’espéraient de personne d’autre la parole fraternelle.
- Rien que de le regarder, ce chéri-là, il me semble déjà qu’il me fout une raclée…
- Tu peux t’envoyer un Picon. Nénesse est fait…
- Un signe… Il va pouvoir changer de chaussette…
- les hommes, ils ont donc tout perdu à la guerre?
- Avec un flic?… Merci… J’suis pas à passions…
- Non, mais sans blague, la Maqua, tu te prends pas pour Poincaré?
- Si t’étais bath, tu me laisserais me payer un rosier pour ma fête…
- Me remettre avec Gegène?… J’aimerais mieux me marier avec un curé!
- Sacrées gamines, ça gâche sa vertu ! Ca ne connaît pas le prix des choses!…
- Garce de vieillesse!… Me v’là forcée de travailler à c’t'heure!
Cet artiste sera mis en avant dans un ouvrage exceptionnel consacré artistes de l’Araignée et aux «aventuriers du livre».
Ce livre signé par Emmanuel Pollaud Dulian sous la direction artistique de Géraldine Méo paraîtra en octobre 2013.
Une souscription pour un tirage de tête sera proposée aux fidèles de « Ma galerie à Paris » Le blog des Editions et de la galerie Michel Lagarde
Plus d’information sur ce projet en cours de finalisation ici
http://www.illustrissimo.com/blog/entretien-avec-emmanuel-pollaud-dulian/












14 décembre 2012 à 21 h 29 mi |
"Ça gâche sa vertu".
Merci beaucoup pour cette découverte. Découvrir des illustrateurs français tombés dans l’oubli est incomparable. Surtout quand ils ont du talent !