Les petits formats de Ronald Searle

Il fût un temps pas si lointain où l’un de mes petits plaisirs favoris était de traquer les petits livres illustrés par Ronald Searle dans les sous-sols londoniens des librairies de Charing Cross Road. La fameuse portion de rue consacrée aux bouquinistes regorge de ces échoppes à l’ancienne, immuables depuis Oliver Twist et popularisés par le chaudron baveur de Harry Potter. En cherchant bien, à quatre pattes dans le rayon « Humor » dans un recoin humide, vous pourrez, pour quelques pounds, dénicher des ouvrages illustrés par les maîtres de l’humour anglais. Bien sûr, on peut aussi les traquer facilement sur internet, mais c’est quand même beaucoup moins marrant!

Lilliput, Décembre 1949

Lilliput, Septembre 1950

« Hurrah for St Trinian’s (1948)

« The terror of St Trinian’s » (1952)

 » The female approach » (1954)

Parmi ces maîtres, Ronald Searle occupe une place à part dans le cœur des amateurs. Ce très discret nonagénaire installé en Provence depuis une trentaine d’années, a révolutionné le dessin d’humour anglais des les années 50 et ses émules sont trop nombreux pour en dresser une liste raisonnable. Les premières planches des diaboliques gamines de St Trinian’s firent les beaux jours de la revue Lilliput et la renommée de Searle (qui illustra quelques couvertures mémorables). Son tout premier livre « Forty drawings » fut édité en Angleterre en 1946 suivi de prés par « Le nouveau ballet anglais » aux éditions Monbrun en France. La série des St Trinian’s éditée par Macdonald compte quatre titres originaux « Hurrah for St Trinian’s (1948), « The terror of St Trinian’s » (1952), « Back to Slauthterhouse and others Ugly moments » (1951) puis  » The female approach » (1954) et de nombreuses compilations éditées chez Penguin dès 1960.

Compilation « The St Trinian’s story » chez Penguin

Compilation de dessin d’humour chez Penguin

Compilation The St Trinian’s et autres dessins chez Penguin

« Searle in the Sixties » compilation chez Penguin

Parmi les autres titres illustrés par Searle, je retiendrai « Meet yourself on Sunday » et « Meet yourself at the doctor » (1949), « This england » 1946-1949 (1949), « London-So Help me » avec Winifred Ellis (1952). « It must be true » avec Denys Parsons (1953), « Le journal d’Edwin Carp » (1954), « Modern Types » (1955). Autre série notable, entamée avec Geffrey Williams: « Down with School » (1953), « How to be top » (1954), « Whizz for Atomns » (1956) et « The dog’s Ear book ». En France, il faudra attendre 1953 pour le découvrir avec la revue Neuf de Robert Delpire « Médisances » reprendra l’essentiel des petits formats de Searle et une création « Filles de Hambourg » paraitra en 1969 chez Jean Jacques Pauvert constituant ainsi le meilleur de ces petits formats de Searle. Nous vous reparlerons de ses nombreux grands albums dans un post à venir.

« Meet yourself on Sunday » 1949

« Meet yourself at the doctor’s » 1949

« London-So Help me » avec Winifred Ellis (1952)

« It must be true » avec Denys Parsons (1953)

« Le journal d’Edwin Carp » (1954)

« How to be top » (1954)

« An experience of critics » par Christopher Fry

« The diverting history of John Gilpin » par William Cowper, 1954 chez Penguin

« Modern Types »  par Geoffrey Gorer, 1955

« Filles de Hambourg », 1969, chez Jean-Jacques Pauvert

« This England 1946-1949″ (1949) chez Turnstile Press

« Médisances », Revue Neuf numéro 11, Robert Delpire Editeur

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4 Réponses to “Les petits formats de Ronald Searle”

  1. Jean Mulatier Says:

    One more genius: THE Ronald Searle!
    Et encore un génie du dessin: LE Ronald Searle!

  2. Guillaume Says:

    Je me rappelle moi aussi mes tribulations londoniennes, dans Charing Cross Road, un sac à dos rempli de bouquins ! C’est toujours un plaisir de dénicher un « nouveau » vieux livre illustré par Searle. Plaisir décuplé par l’attention qu’il a souvent porté au graphisme de titre et à l’illustration de la jaquette de couverture, formant un visuel global très fort, cohérent au possible et bien entendu identifiable au premier coup d’œil. Bravo pour cet article !

  3. claude Says:

    un trait inimitable immédiatement reconnaissable

  4. Laurent Says:

    Quel doux plaisir que cette visite guidée à travers ces sous-sols aux humides recoins, et de ramper pour ainsi dire jusqu’à ces pimpantes et revigorantes images ! Merci pour ce « petit » dossier joliment ficelé. Guillaume a raison d’insister sur la cohérence du visuel global, graphisme et illustration. Comme je n’ai pas lu ces livres, ces couvertures me font l’effet de boîtes de friandises dont on voudrait dévorer l’emballage.
    En revanche, je serais beaucoup moins d’accord avec l’idée courante d’ériger l’ »immédiatement reconnaissable » en critère de qualité. Deux contre-exemples au hasard (subjectifs, cela va de soit) : Bernard Buffet et Johnny Hallyday. Mais ceci est une vaste question.
    Encore merci cher Michel.

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